La rédaction l'a lu
On n’en a pas fini avec Edouard Louis
Tout petit déjà, Eddy Bellegueule, prend « des airs » comme disent ses parents. Il parle avec des intonations féminines, agite les mains dans tous les sens, « se comporte comme une gonzesse ». Avant même de comprendre ce qui lui arrive, les dés sont jetés. Il est efféminé comme d’autres sont gauchers. C’est comme ça, on n’y peut rien. Très vite, à l’école, il devient le souffre-douleur de deux brutes et la scène qui ouvre le livre est d’une violence, plus psychologique que physique, presque insoutenable. Les parents sont gentils, mais ils vivent dans un immense dénuement englués dans le chômage et l’alcool. Il est écrit qu’ils ne s’en sortiront jamais. Alors l’éventuelle homosexualité de leur fils ne leur traverse pas l’esprit, même s’ils voient bien qu’il n’est pas tout à fait comme ses copains. Et s’ils sont fiers de ses résultats scolaires, ils ne comprennent pas à quoi cette excellence lui servira.